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| Recyclage: l'Alsace à la télé |
| Brèves colmariennes |
| Dimanche, 11 Avril 2010 14:36 |
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Documentaire sur le futur du recyclage diffusé sur France 3 le 20 Avril 2010 Matières plastiques, résidus électroniques, médicaments absorbés puis rejetés dans les eaux usées, molécules indestructibles issues des nano-technologies.  Les déchets posent un problème de plus en plus grave à notre société de consommation. Ils ne sont pas seulement encombrants ou nauséabonds. Enterrés, ils se dissolvent dans nos nappes phréatiques, et nous finissons par les boire. Incinérés, ils risquent de se répandre dans l'atmosphère, et nous finirons par les respirer. Dans tous les cas, à long terme, leur accumulation nous empoisonne. Mais la planète n'est pas condamnée à se transformer en poubelle géante. Aux quatre coins du Globe, la course est engagée pour créer un monde plus propre, où les déchets peuvent devenir des ressources, et remplacer avantageusement des matières premières de plus en plus rares. Les décharges d'aujourd'hui sont peut-être les mines de demain. Le documentaire de Martin Meissonnier et Pascal Signolet dépasse donc le constat alarmiste, et dresse un inventaire optimiste des solutions d'avenir. Certaines sont très simples : le compostage des déchets alimentaires au pied des immeubles, ou la chasse au suremballage dans les supermarchés. D'autres sont plus surprenantes, comme cette usine d'Anvers où les cartes d'ordinateurs sont transformées en lingots d'or. D'autres encore paraissent vraiment douteuses, comme la transformation des ordures en îles artificielles, dans la baie de Tokyo. Sur un ton à la fois pédagogique et ludique, le film nous fait voyager de Barcelone à l'Alsace, des rives du lac Léman à Glasgow en passant par Anvers, et jusque dans les laboratoires de l'agence spatiale européenne. En 1h30, on y part à la rencontre de scientifiques, d'élus, d'entrepreneurs ou de simples citoyens qui se mobilisent, chacun à leur niveau, avec passion, courage, et souvent beaucoup d'humour. On y apprend que les avions peuvent se réincarner en trottinettes, qu'on peut bâtir des maisons à partir de pneus recyclés et détecter les dégazages sauvages grâce à des carpes à tête chercheuse. Preuve qu'il existe au moins une ressource vraiment inépuisable, et 100% recyclable : le génie humain. Ma poubelle est un trésor sera diffusé lors de la journée de la Terre, le Mardi 20 Avril à 23h30 sur France 3.
L'Alsace sera bien représentée: pesée embarquée, décharge de Retzwiller, mais aussi Bonfol ety les PCB |
Commentaires
Excellente idée que ce reportage (peut être est-il déjà passé sur Arte d’ailleurs), il va falloir l’enregistrer. C’est un peu dommage de passer ce genre d’actualité si tard dans la soirée.
Pour avoir une (petite) idée de ce qu’il y a dans nos sous-sols, il existe le site du BASOL :
Basol
http://basol.ecologie.gouv.fr/recherche.php
Cliquer sur le département souhaité puis sur « lancer la recherche ». Pas besoin de chercher un polluant particulier, tous les sites (recensés) du département seront affichés.
Bon ce n’est pas exhaustif mais ça donne déjà une idée…. On y parle d’ailleurs de la décharge PCUK du Ligibell à Logelbach… qui n’est pas très loin de notre bourgade !
Bonne continuation
Si ça vous dit, je finis la K7 et je peux vous l'envoyer (ou la mettre dans la boîte aux lettres, comme vous voulez)..... ou alors je peux faire un peu plus tard un petit topo rapide du documentaire.
- une déclaration de madame C. Jouanno à l’Assemblée Nationale « Si rien n’est fait dans ce domaine, au moins 30 départements français n’auront plus de site de stockage opérationnel en 2015» : comprendre que des sites comparables à Retzwiller seront saturés et ne pourront plus rien recueillir….
- Une vision du recyclage au Japon : par manque de place (vu la densité de population), on construit des ilôts, des presqu’iles sur la mer, à base de déchets…. Ces ilôts servent bien sûr pour y construire des édifices commerciaux, de stockage….
- On y montre aussi une autre alternative dans une petite ville : chaque personne doit impérativement trier tous ses déchets. Selon un calendrier établi, des ramasseurs viennent tous les jours ramasser le type de déchets prévu (plastique, verre, carton, métaux, etc…). Gare à celui qui ne dépose pas que la matière prévue : on lui laisse tout sur son trottoir… et les japonais n’apprécient pas de se retrouver montrés du doigt face à la communauté. Dans cette même petite ville, on a même jusque 34 bacs différents de tri ! On finit le cas du Japon avec des festivals de musique où ne subsistent aucuns déchets : de multiples stands y sont proposés pour recycler le verre, ou le plastique par exemple.
- On y montre aussi un exemple intéressant, à Barcelone : climat méditérannéen oblige, les déchets organiques peuvent vite se retrouver très odorants… ils ont alors inventé une poubelle sous-terraine par aspiration : au niveau du « plancher des vaches», les gens alimentent les poubelles mises à disposition selon la nature des déchets (organique ou non) et ceux ci sont aussitôt aspirés pour être collectés dans des gros containers dédiés. C’est assez pharaonique comme circuit d’aspiration mais les gens s’y sont faits et ça marche. Je me demande si je n’avais pas déjà entendu parler de ce genre de procédé sur Paris (peut être songeaient-ils à en faire de même).
- Ensuite , trois exemples parmi d’autres de ce qu’on fait au niveau français : tout d’abord la Com Com de la Porte d’Alsace. Avec la pesée embarquée, les gens apprennent très rapidement à trier un maximum. On dirait même que c’est un challenge pour eux de ne sortir la poubelle qu’une fois par mois, challenge qu’ils tiennent à respecter, visiblement. Le ramasseur de déchets constate de son côté que les poubelles sont en effet très rarement dehors. Puis gros plan sur Retzwiller et l’objectif de 50.000 tonnes de déchets « ultimes »/an espéré pour 2015.
- Deuxième exemple : un supermarché de Dannemarie. Pour pallier la surabondance de sur-emballages des produits vendus dans son magasin, son directeur a décidé d’installer des containers à emballage plastique + cartons en sortie de magasin. L’idée est suivie par les consommateurs (cf débat sur les déchets à Colmar. C’est un amendement auquel J.Muller (Wattwiller) tient beaucoup).
- Troisième expérience intéressante : Rennes. Dans une zone dense en habitats verticaux , deux particuliers ont décidé d’installer des composteurs « collectifs » dans les parcs de leur quartier. L’opération a mis du temps à se mettre en route mais est déjà bien rôdée puisqu’une troisième personne s’est reconvertie en formateur-vendeur de composteur collectif. L’idée suit son chemin et a l’avantage de recréer un peu de lien social dans le quartier, autour de ces composteurs.
- Les déchets, ce sont aussi ceux qu’on ne peut pas trier, ni valoriser (ou peu), notamment les mâchefers (résidus des déchets incinérés) et les poussières dûes à l’incinération. Actuellement, on utilise souvent les mâchefers comme matériaux de remblais pour les routes à construire (sous condition d’être conformes à certaines teneurs en certains composants chimiques). Mais les suisses ont interdit leur utilisation, par crainte d’une diffusion des polluants renfermés (notamment par « infusion » avec les précipitations pluviales, ou les nappes phréatiques). Les poussières émises par les cheminées d’incinérateur sont collectées puis vitrifiées dans du « ciment » avant d’être déposées dans des sites de stockage ultime…
- Vient ensuite un long passage où on aborde l’aspect toxique des déchets, et notamment de certains composés ou familles de composés :
- les dioxines (issues lors de l’incinération de produits à base de chlore : PVC, insecticides, etc..). Les dioxines sont des composés qui sont issus de la dégradation de certains déchets. Une fois formées, on ne peut plus les détruire. C’est donc un nouveau déchet « ultime » qui s’est créé. Les dioxines avaient notamment fait parler d’elles en 1976 à Seveso (explosion d’une usine chimique).
- les PCB (PolyChloroBiphényles), issus du Pyralène, on les trouve sous forme d’huiles, ils étaient utilisés dans les transformateurs électriques car ils permettaient de contenir les surchauffes. Ils sont maintenant interdits mais on en trouve partout (eaux et sols notamment). Deux gros hic pour ces PCB : dans les rivières et les mers, on les retrouve beaucoup dans les sédiments, là où les poissons s’alimentent. Les poissons ingèrent donc ces PCB, puis l’homme qui les mange ensuite. Deuxième hic, les PCB sous action d’une grosse « chaleur » (combustion) se transforme en dioxines (c’est ce qu’il s’est passé pour l’histoire des poulets aux dioxines, il y a dix ans environ)
- Point commun entre les dioxines et les PCB : ils s‘accumulent dans les graisses des corps qui les ingèrent. C’est donc une intoxication progressive qui se passe, pour amener ensuite vers des risques de cancers.
- Troisième déchet non dégradé et qui commence à poser problème : les médicaments. Quand on prend un médicament, seule une quantité partielle du principe actif est assimilée par le corps. Le reste part avec nos « déchets » (urines, selles) et donc ensuite vers les systèmes d’épuration des eaux usées.. Généralement, les molécules chimiques passent au travers des process. En effet, les stations d’épuration utilisent souvent des procédés bactériologiques, efficaces surtout pour des effluents à fort potentiel biodégradable… ce qui n’est pas le cas des médicaments même si une piste est peut être trouvée à ce sujet. Toujours est-il que progressivement, les eaux de rivières, d’estuaires et de mer sont progressivement devenues des officines de pharmacie en puissance (hormones, anticancéreux, antibiotiques, etc…) avec des effets sur la faune (problèmes notamment de sexe des espèces : asexués, féminisation, etc…) et sans doute ensuite sur l’espèce humaine….
- Pour bien symboliser ces problèmes de composés toxiques, les intervenants venant des laboratoires avancent que les effets de ces déchets, difficilement éliminables, sont longs à se mettre en route. Selon eux, la classe d’âge des 40-50 ans actuels serait le première à avoir connu depuis leur naissance cette pollution tout au long de leur vie… et d’avancer que les effets ne sont pas encore tous marqués.
- Dernier aspect des déchets : comment la prochaine mission embarquée en station pour Mars va faire avec ses déchets ? La mission va durer trois ans, ils ne peuvent pas tout amener pour tenir cette durée, trop longue: il va leur falloir tout recycler « là -haut » pour ensuite ré-utiliser pour eux. C’est notamment l’Agence Spatiale Européenne qui est chargée d’étudier ce qui peut être fait. Tout sera valorisé. Les déchets organiques seront digérés puis valorisés. L’azote libéré permettra de cultiver des plantes. On récupèrera l’eau de condensation dûe la montée des plantes et cette eau servira de boisson pour les cosmonautes…. Ce peut être schématique mais ce genre d’expérience est intéressante car il faut que le procédé fonctionne rapidement là -haut !
- Le cosmonaute Haigneré termine le reportage en insistant sur la fait que dans l’espace, la Terre est toute petite. En assimilant la Terre à un œuf, la couche de l’atmosphère serait moins épaisse que celle de la coquille de l’œuf…. et pourtant, cette atmosphère est importante pour notre survie…. Pour lui, il faut l’économiser…. et donc changer de comportement vis à vis d’elle.
D’un point de vue personnel, j’en aurai bien demandé une heure de plus car les expériences ne manquent pas à ce sujet. Le ton en lui même était assez pédagogique et très abordable. Pas mal de thèmes ont été abordés mais trop succintement, il y a tellement à dire sur chaque, que ce soit sur les polluants, ou les initiatives. C’est d’ailleurs assez rassurant ce reportage car on voit qu’il y a pas mal de solutions qui sont proposées . Elles valent ce qu’elles valent mais ça prouve qu’il y a des gens qui se sentent concernés…. J’ai d’ailleurs trouvé l’exemple de Rennes assez intéressant. Ca ne mange pas de pain, il suffit d’être motivé.
Il faut d’ailleurs être motivé, car la formule de Madame Jouanno laisse peu de marge de manœuvre… à moins qu’on se décide à envoyer tout en Afrique ou au Bangladesh : c’est vrai que ce serait une bonne solution après tout et en plus, les africains ou les asiatiques pourraient se faire une économie de marché à ce niveau, çà c’est du développement durab’ !
Bon, je redeviens sérieux, les différents intervenants du documentaire s’accordent à dire que ce qu’il s’est passé il y a quelques temps à Naples au niveau des ordures ménagères n’est pas forcément impossible chez nous : comprendre qu’il ne s’agit pas d’une affaire de malversations et de Camora mais juste qu’au rythme où vont les choses, on va avoir du mal à contenir les déchets dans des décharges. On en produit de plus en plus et les capacités de valorisation n’augmentent pas d’autant…
Deuxième piste : les procédés de tri actuels sont jugés très archaïques L’exemple des essais de l’Agence Spatiale est intéressant à ce sujet car le cycle de dégradation est accéléré et TOUT doit être recyclé. A ce sujet, Dany Dietmann (CC Porte d’Alsace) lance aussi une possible exploitation des déchets : tout le plastique contenu dans la décharge de Retzwiller est une mine « d’or » en puissance, si un jour on arrive à ré-utiliser à 100% le déchet (par exemple le plastique . A la base, c’est un produit issu du pétrole… redonner ensuite à ce même plastique usagé une valeur matérielle proche de celle actuelle du pétrole serait en effet intéressant).
J’espère que le topo n’était pas trop long ni trop inbouffable à lire !
Je pense à cette dernière parce qu'elle est censée cacher sa tête dans le sable en cas de péril, mais il paraît qu'elle a aussi un estomac qui lui permet de digérer n'importe quoi ! ce serait bien pratique !
La Lyonnaise des Eaux a menée récemment une étude sur une petite vingtaine de stations d’épuration collectives, qu’elle gère, pour mesurer une liste « arrêtée » de polluants préoccupants.
Ils ont mesuré les concentrations et les flux de ces micropolluants, en entrée et en sortie de ces stations d’épuration..
Ce qu’il ressort de cette étude est que :
- la majeure partie de ces polluants est adsorbée (se fixe) sur les boues (environ 50-60%)
- une petite partie est détruite (environ 10-20%)
- le restant, environ 30%, est non traité et est rejeté dans la nature.
- (chiffres approximatifs)
Si l’on tient compte que les boues peuvent être valorisées ensuite en épandage, il apparait donc qu’une grosse partie de ces polluants repart dans la nature.
Pondérations :
- Les teneurs trouvées dans les boues sont en dessous des valeurs maximales admises par les autorités.
- Cette étude n’a mené que sur des stations collectives, donc on parle à priori de rejets plutôt biodégradables. On ne parle pas de rejets industriels.
- Tous les micropolluants ne réagissent pas de la même façon. Certains sont plus « traités » que d’autre par le procédé des stations.
Les stations collectives fonctionnent souvent avec le principe « biologique », par bassin d’aération + boues activées = l’oxygène contenu dans l’air est un puissant oxydant. On se sert de cet oxygène contenu dans l’air pour détruire la pollution, ou pour aider les bactéries à bouffer la pollution. Pour que la dégradation se fasse de façon correcte, il faut que les rejets à traiter soient le plus dégradables possible, ce qui est théoriquement le cas de notre pipi-caca quotidien.
Mais les molécules préoccupantes ne sont que très partiellement dégradées par ce genre de procédé.
A la suite de cette étude, la Lyonnaise reconnait que si on veut s’attaquer au problème de ces micropolluants, il faut recourir à des procédés complémentaires onéreux (type ozonation, filtration poussée)….
Donc s’attendre à payer encore plus cher l’eau.