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| Alcan Liebherr Timken |
| Brèves colmariennes |
| Dimanche, 25 Avril 2010 20:05 |
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Les groupes Alcan (aluminium), Liebherr (travaux publics), Timken (roulements) et Mahle (pistons pour l'automobile) ont décidé de se mobiliser en faveur de l’emploi en recréant d’ici à 2 ans 417 emplois dans le bassin de Colmar (Haut-Rhin).
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Commentaires
Mais par contre, je n'avais pas compris que c'était elles qui allaient re-créer des emplois.
Bonne continuation.
Mais les actionnaires sont-ils prêts à se serrer la ceinture ? On n'est pas habitué à cela.
Je signale que Michel Laloux, qui a fait plusieurs conférences à Colmar sur le thème de l " 'Economie à valeurs humaines ", a préconisé une telle démarche, voir document ci-joint, qui est aussi disponible, avec tous les autres, à FRA - TERRE -_ECO - par internet barnouxpi@free.fr
J'espère que d'aucuns en prendront connaissance
Séminaire animé par Michel LALOUX Strasbourg, 17 octobre 2009
TRAVAIL - SALAIRE - CHOMAGE – RETRAITES
en économie à valeur humaine
Préliminaires
L'association qui accueille le séminaire à Strasbourg " EUTOPIC ", est une boîte à outils au
service des associations.
En préambule, Michel Laloux répond à diverses questions posées suite aux conférences:
Ces idées sont-elles applicables partout ?
Supprimer le système des intérêts, c'est possible sans lois nouvelles.
Séparer les flux financiers des banques de consommation et banques d'échanges nécessiterait d'autres lois.
S'ils veulent pouvoir entrer dans la vie, les changements de lois devraient tenir compte du contexte de chaque
pays.
Comment le commerce international pourrait-il continuer après un changement de système ?
Pour donner toutes ses chances à un changement, la balance commerciale de la zone qui opérerait ce
changement devrait être positive, afin que se maintienne la confiance dans la nouvelle monnaie, celle de
consommation. L'Europe, la Suisse, certains pays d'Amérique du Sud ensemble, pourraient démarrer.
L'exemple de la Suisse, qui est restée en dehors de l'Union européenne, mais qui, par le biais d'accords
bilatéraux, a contourné sa mise à l'écart, montre que le besoin de commercer des entreprises est le plus fort.
La convertibilité des monnaies, càd, le moment où elles se confrontent entre elles, constitue le test de la fiabilité
de cette monnaie. Or la monnaie basée uniquement sur la consommation sans accumulation nulle part, est la
plus fiable qui soit, plus que le dollar.
Dans le système actuel, lorsqu'une entreprise française vend un produit au Royaume Uni, elle reçoit des livres
sterling, qu'elle présente à sa Banque, pour les échanger contre des euros. Celle-ci présente les livres sterling soit
à la Banque centrale, soit sur le marché des changes, et si les livres sont en excès (leur rachat excède la capacité
de la Banque d'Angleterre ), la confiance chute, la monnaie aussi. L'importation se paie deux fois, par
l'entreprise, et par la Banque Centrale qui doit racheter les devises, quelquefois à prix élevé. Ce phénomène, qui
est en soi une anomalie, n'a jamais encore été vu sous cet angle par les économistes. Il est pourtant d'une
importance capitale.
Qu'est-ce qui fait la valeur d'une monnaie dans une Économie à Valeurs Humaines ? C'est la même chose que
pour le crédit: c'est le rapport à la production, au travail, et non une richesse accumulée ou une valeur arbitraire.
On peut le concevoir aussi comme un droit à consommer.
Comment calculer la valeur d'une monnaie par rapport à une autre ? Comme pour la formation des prix ( cf
séminaires précédents ), il faut aller au fond des phénomènes économiques, inclure l'ensemble des coûts, juger
de l'utilité sociale. Si une entreprise du Libéria nous achetait un produit et payait en monnaie libérienne, la
Banque qui nous échangerait cet argent en Euro se baserait sur un droit à consommer dans le futur, et non sur
une accumulation passée.
En conclusion:
● Dans le domaine macro-social, il faut créer de nouvelles lois et faire le ménage dans les
anciennes, afin de créer une base pour le changement..
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● Ensuite, dans le domaine mezzo-social, toute la complexité pratique apparaît, au niveau des
interactions associations de producteurs – distributeurs – consommateurs – syndicalistes –
écologistes etc …
● Au niveau individuel, chacun doit prendre ses responsabilités et assumer ses choix. Le choix
moral est proposé au moment de l'acte de production, d'une part et de l'acte d'achat, d'autre
part. C'est uniquement là que la morale a sa place. On a trop tendance a faire du moralisme en
économie. L'expérience montre que l'on ne fait pas avancer les choses par ce biais.
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TRAVAIL - SALAIRE - CHOMAGE - RETRAITE
La façon dont le travail se situe dans la vie humaine dépend du "comment on se situe et on se
ressent dans son travail ? "
Le contexte est-il porteur, est-ce que je me borne à gagner mon pain, est-ce que mes capacités
peuvent se déployer, ou bien j'exécute seulement, est-ce que je me sens utile, reconnu ?
Dans le chômage, des forces ne peuvent pas s'investir, ce qui provoque un malaise, parfois
très profond.
Le travail humain et l'entreprise
1) L'évolution des entreprises
Dans les premiers temps de l'industrialisation, le rôle de la technique et celui des ingénieurs
était prépondérant pour donner un avantage commercial à une entreprise. Puis la gestion
financière a pris le dessus. Ensuite, ce sont les départements marketing et commerciaux qui
devinrent prépondérants pour faire la différence avec la concurrence. La communication
publicitaire et les techniques sont devenues extrêmement élaborées. La pluspart des
entreprises les maîtrisent.
Comment va se faire dorénavant la différence entre deux entreprises concurrentes aussi
affûtées les unes que les autres sur les 3 points précédents ? C'est l'émergence du facteur
humain: le service des ressources humaines, mais un service proche du terrain, qui sera le
service N°1. Cela prendra encore beaucoup de temps, mais on verra un changement de finalité
de l'entreprise.
Les systèmes "qualité" sont une ébauche encore partielle. Ils ne permettent pas de mesurer le
manque à gagner induit par les effets négatifs des dysfonctionnements, de la mésentente entre
les collaborateurs, de la démotivation et qui se traduisent par le fait que l'on passe à côtà
d'innovations ou d'améliorations essentielles dans le mode de production ou par des accidents,
des malfaçons, des rebuts, des accidents du travail, des maladies et des dépressions (voir
France-Telecom ).
Les coûts induits seront très élevés, il sera avantageux de les prévenir et cela ne se fera que
par une pratique des ressources humaines qui considère réellement l'humain en situation de
travail, c'est-à-dire que le travail n'est plus considéré comme une marchandise, mais comme
un élément situé en dehors de la sphère de l'économie.
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C'est ainsi que, dans l'économie, c'est l'économie qui remet les choses à leur place.
2) Libérer les entreprises de l'actionnariat
L'argent de capital ou de financement devrait être considéré comme un prêt, et remboursé
progressivement, et non comme un pouvoir à vie des actionnaires sur l'entreprise ( une loi
serait nécessaire ).
( Il existe depuis quelques années des SCIC d'intérêt collectif. Mais il manque les
entrepreneurs formés et les finances solidaires )
3) Renverser l'équation fondamentale des entreprises
Celle-ci s'écrit actuellement:
Actionnaires salaires
RESULTATS = PRODUITS - CHARGES
Le résultat va vers les actionnaires, les salaires sont comptés dans les charges. On ne tient pas
suffisamment compte de l'impact psychologique de cette situation. Celui qui voit que ce qu'il
apporte à l'entreprise, par son travail est une charge pour celle-ci, se sent diminué, dévalorisé.
Il a l'impression d'être ramené au niveau des autre charges: matières premières, machines,
énergie, etc.
Si le capital est considéré comme un prêt, son remboursement est dans les charges. Les
résultats vont vers les collaborateurs, vers l'ensemble de la collectivité ( impôts ), vers l'autofinancement.
Qu'est-ce que cela change ? Les collaborateurs ne sont plus une charge, ils participent à la
marche de l'entreprise, mais leur rémunération est conçue différemment.
4) Contrat entre l'entreprise et les collaborateurs
Par la loi actuellement en vigueur, le personnel est rémunéré automatiquement. Si l'entreprise
traverse une passe difficile, il y a des licenciements, du chômage, après des démarches
compliquées. C'est une façon négative de traiter les accidents de parcours, qui sont inévitables
et quelquefois bénéfiques.
Ce qui est proposé ici, c'est la création de 2 contrats distincts pour chaque collaborateur: un
contrat de collaboration et un contrat de rémunération.
Prenons deux cas:
- celui de l'entreprise X qui est en difficultés, dont le chiffre d'affaires a baissé.
- celui de l'entreprise Y qui a amélioré sa productivité, et qui ne manque pas de
ressources, mais a trop de personnel.
- X pourrait conserver la collaboration d'un certain nombre de collaborateurs, mais
non leur rémunération, qui serait assurée par un système d'assurance. La personne
resterait dans l'entreprise, pour sa reconversion , ce serait plus simple à gérer et
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moins dévalorisant pour elle.
- Y conserverait la rémunération et romprait la collaboration
Ainsi, à la place de l'assurance chômage, il y aurait un système de mutualisation des
défaillances d'entreprises. Les entreprises auraient un contrat d'assurance contre les pertes.
Les salaires mensuels seraient des avances sur la rémunération finale des collaborateurs
associés aux résultats de l'entreprise.
L'assurance serait gérée par un organisme public de proximité, par des gens de la société
civile, ayant une compétence dans la gestion, et par des émanations d'associations d'usagers,
dans un fonctionnement vivant, proche de la réalité.
La question du chômage doit être posée autrement: chacun aurait ainsi une place dans la
société, et de quoi vivre.
5) Conséquences
- les entreprises participent solidairement au financement de l'assurance.
- en cas de difficulté, il y a un temps d'ajustement permettant à l'entreprise de
rebondir
- il n'y a plus de capital-risque, au sens habituel.
- on ne maintient pas coûte que coûte une activité obsolète.
- il y a un changement de mentalité à attendre, un surcroît de conscience contre les
abus et charges indues.
6) Comment sont déterminées les rémunérations ?
L'égalité n'est pas toujours source de dynamisme. On peut faire d'autres approches
raisonnables. Il peut y avoir différents cercles de rémunération et de décision. Il peut y avoir
un plafond de rémunération.
Pour décourager l'accumulation, les rémunérations vont sur des comptes de
consommation. Si on veut économiser cet argent pour une utilisation dans 3 ans, on le met en
attendant à la disposition de la collectivité, il ne fondra que de 10% ( au lieu de 3x10% ). Les
montant provenant de cette fonte de la monnaie accumulée iront vers l'économie non
marchande. Ils deviendront ainsi argent de don. Dans ce cas, les Instituts de financement
orienteront directement cette troisième forme de monnaie vers le tiers-secteur (qui est la partie
du secteur tertiaire relevant de l'économie non-marchande).
Retraites
1 ) Retraite par capitalisation
La retraite complémentaire en tant qu' argent accumulé placé en Bourse ou capitalisation, ou
immeubles, est entièrement à l'opposé de tout ce qui vient d'être décrit.
Le problème des retraites par capitalisation saute aux yeux, les fonds de pension étant devenus
des acteurs importants de la spéculation financière.
Les futurs retraités qui placent leurs cotisations dans ces fonds, au "meilleur taux", ne se
rendent pas compte qu'ils se tirent une balle dans le pied ( une première fois ), ces fonds
exigeant des rendements pharamineux ( 15 % ) qui mettront peut-être leur propre entreprise à
genoux, donc cause possible de licenciement. Ce processus entretient une augmentation
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constante de la masse monétaire, une augmentation des prix payés par les consommateurs
( 2ème balle dans le pied ).
Nous devons donc considérer les retraites par capitalisation comme une déformation
aberrante de l'économie.
On est bien obligé de constater que, chaque fois qu'il y a accumulation quelque part, surgit un
problème, qui revient en boomerang.
2 ) D'où provient l'argent des retraites ?
Il provient des cotisations sociales, donc des entreprises. Ce qui compte, c'est qu'une partie de
cet argent aille à la collectivité ainsi que dans l'économie non marchande. Cet argent
engendrera de la consommation et fera marcher l'économie, sans être toxique.
3 ) Mais y a-t-il assez de travail pour tous ?
Il y en a de moins en moins dans l'économie marchande, surtout dans l'industrie, mais il existe
énormément de besoins dans l'économie non marchande ( par exemple l'enseignement, les
arts, la santé, l'environnement etc.), ainsi que dans l'agriculture, dans la mesure où celle-ci
devient respectueuse de l'environnement. La clarification de ces notions conduira à orienter
les gains de productivité vers le tiers-secteur et vers l'agriculture, résolvant ainsi le problème
du chômage et des retraites.
4 ) Mais le rapport entre actifs et inactifs ? et la pyramide des âges ?
Comme pour le chômage, ce problème est mal posé, car ici encore, on ne tient compte que de
l'économie marchande.
Ce ne serait pas l'argent qui manquerait, si l'avidité du système actuel était entravée ( par
exemple: les 60 milliards d'intérêts sur la dette à rembourser par la France ), par la réforme
des différents facteurs de la croix de l'économie * ( rémunération du capital ,monnaie basée
sur l'économie réelle, loyers etc … ).
Un nouveau statut pour le salarié
Il ne vendrait plus son travail sur le " marché " du travail, il serait davantage un "
collaborateur ", plus proche du travailleur indépendant. Dans les entreprises d'une certaine
taille, les collaborateurs travaillant en production pourraient s'associer pour créer une unité de
production qui serait liée à l'entreprise par contrat de prestation. Ce contrat pourrait comporter
des clauses d'assurance garantissant le budget comme pour les entreprises, comme cela a été
vu plus haut. Nous verrions alors émerger, à la place de l'entreprise pyramidale, un réseau
d'unités et d'ateliers indépendants liés par contrat.
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* note sur la croix de l'économie
capital
travail monnaie la croix de l'économie
foncier
Ce qui est à l'intérieur du cercle , c'est tout ce qui est du domaine de l'économie, à savoir: ce qui se produit,
s'échange, se paie, et est donc une marchandise. L'élément essentiel en est la formation des prix, qui est le
résultat final.
A l'extérieur, 4 facteurs opèrent: - le capital ( plus précisément sa propriété ) - le travail - la monnaie – le
foncier et l'immobilier.
Ces 4 facteurs devraient rester en dehors de la sphère marchande.
Cette affirmation semble paradoxale, mais en allant au fond des choses pour chacun des facteurs, on peut
montrer que cette croix explique les maladies de l'économie.
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Prochain séminaire le 20 mars 2010, de 9h00 à 17h00, dans les locaux d'Eutopic, 32 Bd de
Lyon, Strasbourg.
Thèmes:
● Retour sur des questions du séminaire précédent (travail, salaire, chômage)
● Retour sur des aspects économiques liés à la conférence de la veille: " Les écoles de
la société civile , une nouvelle forme de service publique", Maison des associations, 1
place des Orphelins, Strasbourg.
● La formation des prix et le rôle des cercles de producteur – distributeurs -
consommateurs.
Contact: FRA-TERRE-ECO Pierre Barnoux, 09 54 99 56 86, barnouxpi@free.fr.
Les compte-rendus des séminaires précédents sont disponibles à cette adresse.
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