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Identification
| Le général Rapp |
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| C'était au temps - Impertinent who's who colmarien |
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Il entre dans la profession de tueur en uniforme à 17 ans, après de sommaires études protestantes au Gymnase de Colmar. Dès 1793, les premières blessures lui sont consenties par d’anonymes homologues obéissant à des ordres monarchiques, tandis qu’il se persuade, lui, de défendre les valeurs d’une république assiégée. L’année suivante, recousu mais toujours désireux d’en découdre, il se replonge dans la fureur guerrière, s’expose, avec cette inclination à l’autolyse que les planqués qui commandent appellent bravoure et, comme de bien entendu, se fait abattre sans retard, de la plus spectaculaire façon. Â
 Le jeune officier obéit à l’injonction doctorale et, ayant rempilé, accepte avec orgueil la récompense d’une promotion au grade de capitaine. En 1799, aide de camp du général Desaix, il neutralise en Egypte l’artillerie ottomane et se distingue ensuite à la bataille de Samahoud, ce qui lui vaudra les insignes de colonel d’abord, les faveurs du Premier Consul Bonaparte ensuite.
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Quelques mois après ce mariage, il essuie sa énième blessure en enfonçant la cavalerie russe à Austerlitz, sous le regard connaisseur d’un Napoléon parvenu au plus élevé de ses certitudes stratégiques. Autrement dit à la maîtrise supérieure du grand équilibre de la tuerie en gros. L’épisode sera célébré avec une grandiloquente cuistrerie par Gérard, peintre officiel de l’Empire, puis « artiste » choyé par la Restauration qui le fera baron.
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L’année 1812 sera pour l’Empire et pour lui-même celle de la grande inquiétude. La mégalomanie napoléonienne rencontre ses premiers cuisants revers. L’Empereur échappe au pire, de justesse, sur une rive de la Moskowa, grâce au sacrifice d’une bonne part des soldats commandés par notre général colmarien.
 La petite histoire ne retiendra que l’ « héroïsme » de Rapp, pas l’immolation d’une variété peu connue de « malgré nous », contraints par un pouvoir démentiel qui, pour n’avoir pas versé dans l’horreur absolue des génocides et des camps d’extermination, n’en porte pas moins la responsabilité d’un des plus monstrueux carnage de tous les temps. Après la Berezina, le comte et général s’enferme dans sa place forte de Dantzig, mais n’y résistera pas aux assauts d’une coalition que l’Europe a construite pour en finir avec l’impérialisme français. Commence alors pour lui un temps de captivité que l’abdication de Napoléon fera cesser en juillet 1814.
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 Après une petite année de retraite dorée dans son château de Wildenstein en Suisse, les gazettes ayant tenu à son égard quelques propos flatteurs, Rapp se persuade qu’il lui reste à vivre dans l’ombre prestigieuse d’une monarchie requinquée quelques beaux moments de gloriole. Louis XVIII, dont la ressemblance avec une poire au stade ultime de la maturité se vérifie nettement, l’élève solennellement à la dignité de pair de France (1819). Quelques mois après l’annonce de la fin de Napoléon Ier, presque oublié dans son île du bout de l’Atlantique, l’ex-comte d’Empire Jean Rapp expire à son tour.
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Pour ce qui est enfin de la statue en bronze faite par l’ineffable Bartholdi, abattue en 1940 par les nazis et rétablie en 1946, permettez-moi de regretter son manque d’épaisseur, qui en fait une bien médiocre dispensatrice d’ombre aux jours torrides d’été. Extrait de "Célébrités alsaciennes", dictionnaire impertinent de Daniel Ehret, Editions du Bastberg, avec l'aimable autorisation de l'auteur |



Commentaires
Pour le personnage de Rapp, Daniel Ehret n'y va pas avec le dos de la cuiller pour fustiger les militaires qui envoient sans broncher les autres au casse-pipe. Je dirais pour la défense de Rapp, que c'est le général en chef, donc Napoléon Bonaparte qui était à la manoeuvre, et la haute stratégie, c'était la sienne.
Rapp, en l'occurrence, n'était pas un planqué, et il a payé de sa personne dans les combats où il entraînait ses soldats. Ce n'était peut-être pas très intelligent, mais au moins, ce n'était pas déshonorant.
Pour ce qui est des troupes, il faut croire qu'il n'y avait pas que des Malgré-nous, poussés sans doute par la misère, mais aussi des soldats ayant participé en 1793 à la défense des frontières contre les rois, les empereurs et les tsars. Chez les Alsaciens, il reste des traces d'un état d'esprit qu'on pourrait appeler " patriotique" , si ce mot n'était trop galvaudé, considérant Napoléon avec un certaine affection ( D'r Napi, l'appellent-ils ). Car , contrairement aux armées étrangères menées par des ducs, des comtes, des nobles et aristocrates de métier, les armées françaises de l'époque ont promu les plus qualifiés des soldats sortis du rang. Qualifiés pour quoi, that is the question ? Mais, cette chose s'est imprimée profondément dans l'esprit des " grognards ". Elle leur a fait accepter beaucoup de sacrifices, elle est restée vivace très longtemps. ( Lire les oeuvres d'Erckmann Chatrian, et aussi de Stendhal " Le Rouge et le Noir " ).