Le voyage d'Elisa PDF Imprimer Envoyer
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elisa_01Comme promis, CWL vous livre enfin le récit de la formidable aventure d'une Colmarienne, Elisa, qui a entrepris il y a quelques années un improbable voyage, en immersion totale dans le monde asiatique... Place à ce très beau texte, qui ravira les amateurs d'expériences hors du commun et dont vous retrouverez chaque semaine un extrait.


 

Le savon sent bon, il nettoie corps, mains et pinceaux de la toile achevée à l’heure du déjuc. J’enfile à la hâte des vêtements propres dans les premiers rires du rez-de-chaussée.  Au loin, les cornes de brumes annoncent déjà les bateaux ventrus des touristes qui ont voyagé plusieurs heures sur le fleuve Li depuis Guillin entre les montagnes et rochers karstiques aux noms de légendes : Yellow Closes in The water, Kamel Crossing The river... Je ne veux en rater aucun, ni la vieille dame quand elle ouvrira son échoppe au son d’un match de foot, ni le peintre mélomane qui entonne avec force et mauvaises notes une chanson venue d’un autre temps, ni Kim qui m’attend pour partager un épi de maïs tendre, ni tous les autres, ceux qui font les couleurs de Xinping en Chine !

D’aussi loin que je me souvienne j’ai toujours voulu voyager et un jour alors que j’allais avoir quarante-quatre ans ma vie a changé ! En quelques heures j’étais devenu un cliché, obsolète, extra-muros et l’homme que j’aimais depuis 25 ans, suffisant du très jeune amour qu’il s’offrait ! Mode apnée sabbatique, on respire, on reste zen ! Un an plus tard, j’ai vendu mes toiles, bourré mon sac à dos avec vingt kilos de choses pour la plupart inutiles (maquillages compris), j’ai fermé la porte et dis que je partais pour une grande balade de quelques années ! C’est comme ça que je suis devenue un gastéropode voyageur...

En général je suis une touriste pendant un mois et demi, c’est à peu près le temps qu’il me faut pour « être » dans un pays. J’observe, je hume, j’écoute, je m’adapte, je prends possession du coin... Après, je me fonds dans le décor en devenant celle qui est venue d’ailleurs mais qui fait partie désormais du paysage ... Il y a tant d’images chargées d’émotions fortes et belles, de bonheurs absolus, de fous rires, de pleurs, de fatigues, de colères aussi qui se bousculent dans ma mémoire et chacune d’elles est une histoire...

Il y a eu l’Inde et mon amour pour Bundi (gros bourg de campagne du sud du Rajasthan) né un soir alors que j’arrivais de Puskhar et de sa foire aux chameaux. J’ai posé mon sac dans la famille de Major qui m’a adoptée pour un très très long moment.

Ah il me faudrait des vies pour décrire la lumière de Bundi, ses maisons chargées de tant d’histoires, ses légendes, ses gens tous incroyablement magnifiques, mais les mots seraient de ceux qu’il faut vivre tout simplement. Je me suis laissé bercer dans la douceur de leurs bonheurs qu’ils aiment  tant partager. Ils m’ont appris (chacun à sa manière), l’histoire des Radjputes, les traditions, la philosophie hindoue, leurs craintes, leurs joies, leur vie ainsi que les rudiments du Hindi et de l’Anglais que je confondais et aujourd’hui c’est non sans fierté que je sais faire (enfin) la différence entre six O’clock et Sex Time (ouf) !

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Elisa

...Ă  suivre

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Commentaires

avatar alice
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A la prochaine, Elisa !
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