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| Orphelins des Malgré-Nous laissés pour compte? |
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| Les dossiers - Rexistances |
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 De quoi s'agit-il? On désigne comme malgré-nous les jeunes alsaciens-mosellans incorporés de force dans l'armée allemande pendant la seconde guerre mondiale. 18000 d'entre eux ne seraient pas rentrés. Depuis de nombreuses années leurs enfants, orphelins de fait, se battent pour avoir accès aux archives et être reconnus comme orphelins de guerre à part entière. En Alsace une association les regroupe, l'APOGA, présidée par le Colmarien Bernard Rodenstein.  Cette association a déjà fait entendre sa voix, en 2008, au Président de la République. Nicolas Sarkozy n'ayant peut-être pas mesuré l'enjeu de la reconnaissance de cette situation, plusieurs personnalités se sont élevées face à des propos jugés déplacés. Notamment Yves Baumuller. Le député Eric Straumann s'est intéressé lui aussi dès 2008 à ce dossier sensible en Alsace-Moselle. La nomination à vie d'André Bord en tant que président de la FEFA a été quelque peu critiquée. Je recommande deux sites locaux sur ce sujet douloureux: celui d'un habitant de Wintzenheim, Knarf, fort  bien documenté, assorti de témoignages émouvants, et un autre récit vécu de l'intérieur (évasion, puis Tambow). Egalement un forum généraliste consacrant à la terrible injustice dont sont encore victimes les malgré-nous et leurs descendants. Et naturellement, pour se faire une opinion sur le différend qui oppose APOGA et FEFA, au travers du manifeste des orphelins de l'APOGA, la FEFA feignant d'ignorer ce combat rangé aux oubliettes du passé... . HBogart . Photo: l'ouvrage d'Eugène Riedweg sur les MALGRE NOUS (Ed du Rhin)
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Commentaires
Dans son point de vue publié aujourd’hui, dimanche 20 Juin 2010, dans les DNA, M. Charles Schlosser, maire de Lembach, plaide à nouveau pour la réconciliation des Limousins et des Alsaciens que le drame d’Oradour- sur -Glane a longtemps opposés.
Les uns comme les autres ont été victimes de la barbarie nazie. La présence de quelques alsaciens parmi les incendiaires d’Oradour ne change rien à la situation, puisqu’ils faisaient partie des 130.000 incorporés de force dans la Wehrmacht et dans les Waffen SS.
Oui, il est temps de se souvenir ensemble. M. Schlosser a parfaitement raison.
Mais la mémoire, parfois, a des failles. Il convient de demeurer très vigilant pour éviter les poncifs qui, à force d’être répétés sans vérification préalable, acquièrent le statut de « vérités ».
« Les plus courageux » d’entre les incorporés de force, écrit-il, furent ceux qui ont payé de leur vie leur refus d’engagement. C’est une expression qui donne à penser que d’autres ont été bien moins courageux, ceux par exemple qui ont endossé l’uniforme ennemi.
Nous autres orphelins de guerre ne supportons plus que l’honneur de nos pères soit ainsi bafoué.
Qui d’entre nous sait ce qu’il aurait fait s’il avait été dans la même situation ? Qui peut penser qu’un père de famille était un lâche parce qu’il est parti au front, dans la seule intention de ne pas mettre en péril la vie de ses enfants et de sa famille ?
Combien de très jeunes célibataires ont échappé à l’incorporation de force parce qu’ils étaient libres de toute attache familiale ou parce que les pères avaient les moyens nécessaires pour les mettre à l’abri ?
Les jugements indécents qui sont véhiculés ici ou là , en Alsace même, par des Alsaciens qui n’échappent pas à l’envie de trier entre les véritables héros et les beaux salauds, ne sont plus acceptables. Ils ne reposent sur aucun fondement solide mais sur des mythes que d’aucuns entretiennent savamment.
De nombreux travaux d’historiens commencent à être publiés. Ils mériteraient d’être mieux connus. Un seul chiffre devrait donner à réfléchir : sur les 130.000 incorporés de force alsaciens et mosellans, on dénombre à peine 2 à 3000 volontaires. En vieille France, combien de collabos ?
La culpabilisation, ça suffit !
Bernard Rodenstein