Regionales - Les locaux ont-ils les nationaux qu'ils méritent? PDF Imprimer Envoyer
Les dossiers - Rexistances

militante-umpNejla Yazmis Brandalise pourrait être la jeune femme qui monte au sein de la droite colmarienne. On se souvient d'elle lors des présidentielles où elle militait activement pour Nicolas Sarkozy. Quant à Yves Hemedinger, qui fait ici (clic) sa profession de foi, sera-t-il adoubé dauphin par Gilbert Meyer, aux prochaines Municipales, en 2014? On n'y est pas encore, nous verrons bien dans 4 ans. Pour l'heure, nos deux Colmariens roulent pour Philippe Richert (clic), sénateur UMP et candidat aux Régionales, dont le dernier livre est décortiqué sans concession par Franck Dudt.

Il faut espérer qu'au niveau local tous ces défenseurs de la majorité présidentielle prennent leurs distances par rapport aux écarts de Nicolas Sarkozy. Dans ce contexte d'élections régionales, l'hebdo Marianne (n°672) a relevé ce qu'il qualifie de mensonges (ou de promesses non tenues) de la part du président de la République. Parmi ceux-ci:

Débarrasser les cités de leurs "racailles", diviser par 2 le nombre de SDF, rapatrier les forces françaises d'Afghanistan, mettre fin à la Françafrique. Ne plus tolérer les paradis fiscaux, faire reculer le chômage, etc. Discours copié-collé (8 mois après) pour les agriculteurs, et dénigrement des chercheurs français, et plus récemment (face aux mêmes agriculteurs) haro sur les contraintes environnementales, en dépit des promesses du Grenelle. Face à cette cascade d'annonces multi-quotidiennes souvent contradictoires, le magazine Marianne conclut: "qu'importe la vérité, car la représentation prime".

Les femmes et hommes politiques de terrain et de tous bords ont souvent bien du mal à justifier ou cautionner les dires et comportements de leurs têtes nationales. Ils (elles)  sont parfois condamné(e)s à endosser le même costume, sauf s'ils (elles) ont le courage de s'affranchir ouvertement de ces encombrantes tutelles.

Ferdinand.

 

Commentaires

avatar le fureteur
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La droite alsacienne sauvée par le vote rural

(reprise d'un article, extrait de: LEMONDE Reuters | 22.03.10 | 16h41)

par Gilbert Reilhac

STRASBOURG (Reuters) - "La tradition a été respectée en Alsace, où les électeurs ont reconduit dimanche la droite à la tête de cette région frontalière, confirmant un ancrage qui doit beaucoup à l'histoire et au poids de la ruralité.

La liste de Philippe Richert, sénateur UMP du Bas-Rhin, a obtenu 46,16% des voix au second tour des élections régionales, contre 39,27% à celle de Jacques Bigot allié aux écologistes, et 14,57% au Front national mené par le Mulhousien Patrick Binder.

"L'Alsace reste fondamentalement une terre de droite", a résumé le socialiste Jacques Bigot, tête de liste de la gauche, au lendemain de sa défaite, qu'il tente d'expliquer par le fait que "la gauche n'est pas présente dans les campagnes".

Richard Kleinschmager, professeur à l'Institut d'études politiques de Strasbourg, juge le phénomène "pas nouveau".

"Le socialisme n'a jamais été majoritaire à aucune élection générale, il ne subsiste que dans les villes", analyse-t-il. "Ce qui est nouveau, c'est que c'est très marqué cette fois-ci."

Le succès de la majorité doit essentiellement aux scores obtenus dans les zones rurales tandis que les trois grandes villes votaient majoritairement à gauche, à 67 voix près s'agissant de Colmar mais à 54% à Strasbourg et par 47% des voix contre 35% à la liste Richert pour Mulhouse.

Si l'opposition entre un vote des villes et un vote des champs est traditionnelle, elle prend un relief particulier en Alsace en raison du poids de ce dernier.

UNE ALSACE À DEUX VITESSES

Les trois grandes agglomérations ne constituent, banlieues comprises, que 40% d'une population de 1,8 million d'habitants.

Les zones rurales s'y conjuguent en revanche avec forte densité de population et la présence, à côté de l'agriculture, de nombreuses activités industrielles et artisanales.

La liste de Philippe Richert dépasse les 50% dans le nord du département du Bas-Rhin pour atteindre 64% dans le canton de La Petite Pierre d'où est originaire cet homme de 56 ans, qui met volontiers en avant ses origines de "fils d'ouvriers-paysans".

Son score n'est que de 43,25% dans le Haut-Rhin, sans doute en raison des effets plus importants de la crise dans ce département marqué par la grande industrie, hier textile, aujourd'hui mécanique et chimique.

Ce déficit de voix ne profite cependant pas à la gauche, mais au Front national, qui totalise près de 17,8% des voix.

"On a une Alsace à deux vitesses, ce qui peut poser des problèmes à l'avenir", a commenté le maire PS de Strasbourg, Roland Ries, en invoquant "une tradition de droite qui ne date pas de toujours".

Dans un livre publié en 2007, "L'Alsace et la gauche", il date du retour de la région à la France, en 1918, le début du divorce entre une population catholique et attachée à ses traditions et des socialistes jacobins et anticléricaux.

Aujourd'hui encore, "la gauche ne parle pas 'alsacien'", déplorait-il en conclusion pour souligner le décalage persistant entre le PS et la région profonde.

Pour Richard Kleinschmager, c'est dans les villages, autour des notables tels que le maire, le curé ou le pasteur, que s'est forgé un esprit de résistance d'abord à l'Allemagne, puis à la volonté centralisatrice de la France.

"Le local a été le lieu de conservation de 'l'alsaciannité' face à l'annexion allemande, face ensuite à l'occupation nazie mais peut-être aussi par rapport aux maladresses commises lors du retour à la France dans l'entre-deux guerres", dit-il.

LE CHIFFON ROUGE DE LA GAUCHE

Le thème d'une identité alsacienne forcément de droite, a été largement exploité par la liste de Philippe Richert.

"L'Alsace est une terre du centre et de la droite, nous sommes des constructeurs, des bâtisseurs", lançait lors d'un meeting de l'entre-deux-tours Justin Vogel, maire de Truchtersheim, fertile terre agricole du Bas-Rhin.

"Nous avons une langue que les Parisiens ne peuvent pas comprendre", enchaînait ce colistier de Philippe Richert.

Ce sont ces relais locaux, dont la gauche ne dispose pas dans les cantons ruraux, que la droite a massivement activés, sans s'en cacher, entre les deux tours.

La participation a ainsi progressé de près de 7,73 points en Alsace d'une semaine à l'autre contre une hausse de 4,84 en moyenne nationale.

Philippe Richert, qui ne disposait que de 2.000 voix d'avance à l'issue du premier tour par rapport aux scores cumulés du Parti socialiste et d'Europe Ecologie, en totalisait près de 42.500 de plus au soir du second.

"Au premier tour, les Alsaciens voulaient donner un avertissement. C'est vrai qu'il y a des choses qui ne vont pas au niveau du gouvernement", a estimé Justin Vogel.

Pour Richard Keinschmager, cet avertissement "n'a pas résisté à l'idée que la région pouvait passer à la gauche; c'était un peu le chiffon rouge".

Edité par Yves Clarisse"
avatar le fureteur
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Voici une autre (singulière) analyse de la situation politique alsacienne, au lendemain de la victoire des Bleus pour la conquête de l'Hôtel de Région.
C'est ici: http://2-ufer.com/?p=6588
A chacun son opinion
avatar alice
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Je ne peux m'empêcher de rire du pied de nez que l'Alsace a fait à tous ceux qui la regardaient comme une bête curieuse !

Non, elle n'a pas basculé d'un coup, elle prend son temps, et elle juge ses hommes politiques sur leurs actes ( et non toutes leurs paroles, suivez mon regard ). Elle a été échaudée sévèrement, elle s'en souvient, et se méfie des idéologues de tous bords. Face aux écologistes trop pressés, j'ai trouvé subtile l'analyse de J. Bigot qui avait souhaité une liste commune , pensant que les électeurs auraient besoin d'un temps de réflexion pour assimiler cette situation nouvelle, et qu'ils auraient plus de mal à accepter une fusion express entre les 2 tours.

Non, l'Alsace n'est plus la championne du vote Le Pen, ce qui nous a valu une détestable réputation auprès du reste de la France ( le qualificatif de " boche " n'était pas loin )., même si ce vote est élevé.

Oui, l'Alsace a une particularité, c'est que les candidats aux régionales, surtout les têtes de liste, ont pratiqué une courtoisie et un ( certain ) respect les uns envers les autres qui mettait du baume au coeur. En réalité, on les sent déjà prêts à travailler ensemble les terribles questions qui vont les assaillir: car ce n'est pas du gâteau, ce qui les attend, par les temps qui courent !

Je dis tout cela, bien que moi aussi, comme Jacques Bigot, j'aie espéré une alternance. J'ai trouvé grandiose qu'il dise à Philippe Richert ( débat de FR3 dimanche soir ) que c'était à lui ( Richert ) de réaliser cette alternance ! Dans cette Alsace-là, je me reconnais bien, quelles que soient les têtes !

Dans ce sens, l'Alsace peut donner des leçons à d'autres ...
avatar Ferdinand
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Yves n'est peut-être pas dauphin en fait... en tout cas cette image qui lui est attachée lui semble lourde à porter; voir l'article qui lui est consacré dans L'ALSACE:

http://www.lalsace.fr/fr/region/mulhousepratique/article/3008235,1252/Yves-Hemedinger-recolte-ce-qu-il-a-seme.html
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